avait deux cloches...
On est sur le RHÔNE III, qui va de Lausanne à Nyon via la côte française, ce 18 juin 2008.
Eh, oui, sur le Col-vert, on a manoeuvré l'ancre!
Le (très vraisemblablement) seul bateau de la CGN qui… a été amarré par le bout du nez à un arbre!
Eh, oui, le Col-vert s'est vu, comme un gros toutou, attaché à un arbre!
Il fait sombre. On est à bord d’un bateau de la CGN qui navigue très lentement car on est en plein brouillard, relativement près de la côte. Et, à cette époque, il n’y a aucun de ces moyens modernes d’aide à la navigation...
Il fait jour, on est au large, sur un vapeur de la CGN.
Un navigateur avait ?passablement? d'eau dans son voilier. Il y a mis une pompe 12V et est allé faire un tour au Club. Par la suite, un ami lui a dit : "J'ai entendu qu'il y avait une pompe qui ne pompait plus rien et je l'ai débranchée, pour la pompe et pour la batterie...".
La clé du mystère : la pompe avait un tuyau, très long, trop long, et l'erreur était que le bout du tuyau... était dans l'eau, dans le lac. Le fond du voilier étant plus bas que le lac, cela a fait syphon et le brave tuyau a fait le travail inverse : remplir le bateau, qui a coulé probablement dans la soirée ou la nuit...
Nous avons été appelés et avons remis le bateau à son niveau normal que voilà.
Je roule, de Lausanne vers Vevey, par la route cantonale. Au début, pas de vent, puis, jusqu'à Rivaz, peu. Mais en arrivant au carrefour juste au-dessus de la baie de la Pichette (Pichette où sera construit, plus tard, le port du même nom), il y a beaucoup... de Vaudaire.
Dans le courant de l'après-midi, en rentrant, je repasse pour voir.
La Vaudaire, là, était beaucoup plus puissante que l'amarrage côté large n'avait de résistance : la "benne preneuse" posée au fond... sur un fond de sable!
Après les histoires de bateaux, ci-dessus, une histoire... d'avion
L'avion et... la baffe.
Et Sub-rec l’a retrouvé, plus tard, par 210m de profondeur.
Après les histoires d'eau douce, ci-dessus, une histoire... d'eau de mer :
Je vous livre ici l'anecdote plus qu'angoissante d'une mise à l'eau : connaître l'anecdote
Après ces 8 petites histoires, d'autres petites histoires ? Alors cliquer sur OUI
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et... du même nom !
125 ans auparavant, en 1883, son prédécesseur et homonyme, le RHÔNE avait été percuté par le CYGNE et avait coulé, faisant une douzaine de disparus (voir le RHÔNE).
Quelques temps avant ce 18 juin, Sub-rec avait réussi à remonter la cloche du RHÔNE (premier de ce nom) à 300 mètres de profondeur. Créant ainsi un témoin, redonnant une réalité, une vie, à cette épave oubliée et aux disparus d'alors.
Et cette cloche, curieusement gravée "RHÔNE No I", se trouve donc sur un autre vapeur, qui a sa propre cloche marquée "RHÔNE III". Elle sera remise par la suite à neuf (un peu trop à mon avis) par les monuments historiques. Ce 18 juin 2008, elle se rend d'Ouchy à Nyon, où elle est attendue au Musée du Léman, qui sera désormais son podium, son écrin.
Le (très vraisemblablement) seul bateau de la CGN qui… a ancré, pour de vrai!
Le bateau est loué pour une sortie de plongeurs avec famille et picnic. But Ripaille. Mais le vent vient de là, on avance avec peine, les vagues passant par-dessus le bateau. Et le fuel est à l'heure de fonctionnement de la machine...
Décision est prise d'obliquer vers la côte suisse, direction creux de Promenthoux. Lors du changement de cap, on est un moment dans le lit de la vague. Merci l'émotion! Le Capitaine reconnaîtra par la suite avoir été "en souci".
Arrivés au bord, le deuxième homme vient à la manoeuvre de l'ancre et de sa chaîne. Au bout d'un moment d'un (trop) lent laisser filer de la chaîne, je lui dis qu'il faut en mettre au moins deux fois la hauteur d'eau, alors...
Il me répond qu'il ne sait pas si l'extrémité de la chaîne a été fixée!
Je lui dis que, si on la perd, hop, deux plongeurs et un bout (une corde), et avec toute l'équipe on va déjà arriver à ramener au moins l'extrémité de la chaîne jusqu'au cabestan. Qui prendrait alors le relais.
Quand c'est terminé, on plonge. Et pendant ce temps, le fond étant fait de limon, l'ancre rippe, et le bateau s'en va... Et c'est avec un bateau de la CGN (un petit il est vrai) qu'il faudra récupérer ici et là de petits groupes de plongeurs, remontés en surface après avoir vu... la trace laissée par l'ancre.
Maintenant, le picnic... mais au calme et sans moteur! Mais comme ancrer ça ne va pas...
En fait, un plongeur a sauté à l'eau avec une cordelette et nagé jusqu'au bord. Où il a tiré une corde… qu'il a attachée à un arbre. Ce qui donna ceci (tiré d'un film en super-8).
Et on pouvait passer à table. Sous le regard stupéfait de promeneurs qui, les choses prises dans l'autres sens, voyaient une corde attachée à un arbre et retenant... un bateau de la CGN (d'accord, un petit).
Peut'être qu'un jour, un de ces promeneurs qui en a fait la photo se fera connaître...
Le vapeur qui…
On sent tout-à-coup que le bateau "freine", avec une relative douceur, alors que les roues tournent encore, lente-
ment. On stoppe la machine.
Le capitaine ordonne qu’on aille voir à l’avant ce qui se passe.
Et l’employé qui revient dit : "Il y a des branches sur le pont.". On regarde alors plus précisément et… on peut descendre de l’avant sans se mouiller… sur du sable.
La chance est énorme : le vapeur s’est enfilé perpendiculairement à la côte, entre deux de ces épis de rochers qu’on pose pour préserver la rive !
On descend, on va téléphoner, et, plus tard, le brouillard s’étant levé, un autre vapeur viendra le tirer de là. C’est mon oncle (J. G.), alors caissier-matelot, qui me l’a raconté (années 50).
Le vapeur qui…
On constate qu’une barque de pêche est en difficultés. Sur l’eau, c’est comme ça, on se porte secours. Alors...
Le vapeur se déroute et on constate que le canot a son moteur en panne.
Comme les passagers sont venus de ce côté pour voir, le bateau penche… juste ce qu’il faut pour qu’avec un bon coup de reins, on tire la barque simplement… sur le pont du vapeur. Et en route pour la côte.
C’est mon oncle (J.G.), alors caissier-matelot, qui me l’a raconté (années 50).
Arrivés près du bord (là ce n’est pas mon souvenir mais mon raisonnement qui décrit la suite), un peu avant d'accoster on s'arrête pour s'assurer que les passagers remplissent leur fonction de lest, et on fait à-peu-près l’inverse.
Le voilier qui...
Remerciements. Et c'est resté comme ça.
Le lendemain, quelqu'un lui dit : "C'est pour localiser ta place à distance que tu as planté au milieu un grand piquet?".
Interloqué, le propriétaire dit "Qu'est-ce que tu racontes? (Il avait mis quelque-chose sur le bateau pour supporter des bâches). Et l'autre : "Eh bien, va voir toi-même". Abasourdi, il s'y rend et constate que c'est vrai, au milieu de sa place, il y a bien quelque-chose qui dépasse... Et, en-dessous, il y a le voilier... posé au fond!
La nôtre, de pompe, n'était pas en 12V et éjectait 0,6 tonnes d'eau chaque minute.
La barge, le ponton qui...
J'entrevois quelque chose et décide de faire un crochet, et de passer par la route qui longe le lac.
Là je vois une barge avec une grue à chenilles... qui a un de ses côtés propulsé sur les enrochements et qui en redescend, de bloc en bloc, blam, blam, blam. Pour y être à nouveau remise par la 7è vague et en redescendre de la même façon. Et ainsi de suite. Mais, à ce moment, tout est encore entier. Il y a encore les caissons qui ont le treuil et le moteur.
Il y a une cabine téléphonique pas loin (à l'époque, ça existait) et j'y trouve quelqu'un du nom de l'entreprise. J'essaie. On me répond! Je suis à la bonne adresse. J'explique...
Mais je dois continuer ma route.
(note: il faut savoir que ces plate-formes sont faites de gros caissons tenus les uns aux autres par d'énormes boulons). Je trouve alors que les caissons centraux, auxquels la grue était fixée, sont de ce fait restés ensemble et le tout est là, avec la grue, resté un peu sur les rochers (au 1er plan le caisson marqué par des points verts sur la dernière photo). Tout autour, des caissons (donc de la périphérie de ceux qui sont restés fixés sous la grue), éventrés et donc pleins d'eau et posés au fond. La désolation!
Je rappelle mon interlocuteur et lui dis qu'il n'y a plus besoin de se dépêcher, que tout est terminé, que tout est cassé.
Je lui demande : "Mais, pourquoi n'avez-vous rien fait, sur mon appel de ce matin?
Il me répond : "Si, j'ai appelé la Gendarmerie, à Ouchy, et on m'a dit qu'il n'y avait pas de vent!"
En allant à Vevey, j'avais souvent remarqué qu'il pouvait n'y avoir aucun vent à Lausanne et une Vaudaire à décorner... les vagues à partir de Cully ou Rivaz suivant l'intensité et la durée de cette Vaudaire...
La suite ? Démonter la grue et "pêcher" chaque morceau un à un avec la 250 tonnes, car il fallait "avoir le bras long" pour atteindre tous ces éléments épars.
Au tout 1er plan un caisson avec un treuil, Au second plan un caisson (points bleus). Au fond, un caisson avec le moteur de propulsion, points verts. ici
Dans une classe de l’école primaire de Rivaz, le 4 mai 1965, un élève dit :
"Mademoiselle, il y a un avion qui est tombé dans le lac !".
S’ensuit une réponse disant que ce n’est pas vrai, qu’on ne dit pas des bêtises (ou du genre).
Mais l’élève insiste…
Et prend une baffe.
R. B. me l’a raconté personnellement.
Suite(s) : l’avion en question (un Piper PA-24), effectivement tombé là et à ce moment-là, a fait les journaux quelques temps. Voir, sur notre "Registre", le 1er des 3 Piper.
(en relation avec le Léman puisqu' "il" a été construit à quelques km du Léman.)